Comment avez-vous trouvé Lance Armstrong pour son retour à la compétition sur le Tour Down Under ?
Alain GALLOPIN : Lance était bien mais ça n'était pas une surprise pour moi. Ça fait tout de même cinq mois qu'il s'entraîne assidument et on connait son sérieux de ce côté là. Il voulait être prêt pour sa première course. Il avait besoin d'être en forme, de se rassurer et de retrouver des automatismes au sein du peloton. Tout cela est réussi. Il a fait un bon Tour Down Under. Il est sur de bons rails.
Lance Armstrong semble avoir changé physiquement. Il est notamment plus étoffé du haut du corps. Cela vous inquiète-t-il quant à sa capacité à retrouver ses sensations en haute montagne ?
A. G. : Pendant les trois années où il n'était plus coureur professionnel, il a fait beaucoup de gymnastique, de musculation et de natation. En outre, il n'est pas encore tout à fait affuté: il a encore du poids à perdre mais pour un début, on est évidemment très content. Quant à lui, il me semble satisfait.
Lance Armstrong s'est testé sur le Tour Down Under. Que doit-attendre de lui sur le Tour de Californie ?
A. G. : Je pense que l'on verra Lance à un bon niveau sur le Tour de Californie. Il veut bien y figurer. Il pourra y aider Levi Leipheimer mais il a également l'intention d'y jouer sa carte et de se tester sur les chronos et les étapes de montagnes. Ensuite, il se focalisera davantage sur le Giro sur lequel il veut vraiment bien faire.
Alberto Contador n'a pas caché son désarroi au moment de l'annonce du retour de Lance Armstrong. Comment allez-vous gérer la cohabitation entre vos deux hommes forts ?
A. G. : Lance et Alberto ne courront pas ensemble avant le Tour de France. Ils ont deux programmes foncièrement différents. Sur le Tour, tout est très clair: le plus fort sera protégé. Lance a toujours dit qu'il était prêt à se sacrifier pour Contador qu'il considère comme un très bon coureur. Mais de toute façon, rien ne sert d'en parler dès maintenant: on verra au moment où les choses se présenteront. En tout cas, que se soit en stage à Tenerife en décembre ou la semaine dernière en Californie lors de notre camp d'entraînement, il n'y a eu aucun problème entre les deux.
Il n'y donc vraiment pas de hiérarchie préétablie ?
A. G. : Les choses on va les régler au fur et à mesure. Rien ne sert de créer des problèmes. Avec Lance, on fera un premier point après la Californie puis il préparera le Tour d'Italie. Après le Giro, on refera le point parce que ce qu''il fera en Italie nous éclairera sur ses capacités éventuelles à gagner un huitième Tour et du même coup sur la tactique que nous mettrons en place. Avec Lance, avec Alberto ou avec d'autres leaders que nous avons en réserve, on ira au Tour pour gagner.


